Page 1

 

 

 

AUBEVOYE (Festival Rock 60)

 

C'était le 25 Septembre 2009...

Guitar Express jouait au Centre Culturel d'Aubevoye Une réussite telle que ce groupe sait nous les mijoter. Ricky Norton , les deux Alain(s), Daniel et Patrice fûrent d'un très haut niveau...

 

 

 

                  C’était donc à Aubevoye pour une nouvelle édition de ce Festival Rock 60. Aubevoye se situe à mis chemin entre Mantes La Jolie et les faubourgs de Rouen. Placée sur la Seine entre les Andelys et Vernon, la petite bourgade résidentielle propose un cadre accueillant aux abords du Centre Culturel.

En cette soirée du vendredi 26 Septembre, l’affiche est conséquente. Non pas par la notoriété des artistes qui la composent, mais plutôt dans la qualité de leurs prestations. Il y a un caractère Country assez omniprésent de par le style des morceaux choisis que par l’ambiance générale. Quelques chromes Harley Davidson et des carrosseries immaculées de voitures américaines des années 50 60 décorent le parvis de la salle de spectacle. C’est sobre, c’est simple, c’est plaisant parce que c’est provincial. On est loin des foules étouffantes et des cohues inhumaines des concerts des grandes villes. C’est convivial et on est  à la limite de se sentir chez soi.

 

        Le temps d’acquitté notre droit d’entrée et nous voilà dans l’arène prévue pour 2000 spectateurs avec une scène particulièrement grande et décorée comme une vieille station service de la célèbre route Est - Ouest des USA : LA ROUTE 66… La salle, où il y a bien 300 personnes (évaluation faite en milieu de soirée) est remplie d’une ambiance sympathique alors qu’un groupe se produit sur une scène plus discrète sur le côté gauche de la salle. Un petit plus, qui favorise le travail des techniciens et des « roadies » pour limiter les intermèdes à rallonge nécessaires aux changements de configurations imposés par la disparité des groupes.

 

       Lorsque nous nous retrouvons avec Ricky Norton et Guitar Express, nos 5 amis sont en repos « de concentrations » dans des loges particulièrement confortables dans l’arrière scène. Alors qu’une jeune harmoniciste de 18 ans, élève du célèbre Jean Jacques Milteau, se produit sur la scène principale, Guitar Express  prépare son entrée.

      Smocking et « nœud pap »… Comme à son habitude le groupe « en jette » grâce à cette classe exceptionnellement  British, cette cerise sur le gâteaux que seul ce groupe a su capter efficacement de ce côté ci de la Manche, sans que cela ait l’air de « singer » maladroitement qui que ce soit.

       C’est sur Shadoogie, avec une levée de rideaux d’un grand professionnalisme que nos deux Alain (s) Daniel et Patrice arrivent sur scène. Il est aussi très impressionnant de savoir, que leurs idoles, THE SHADOWS étaient sur scène à Londres, avec Cliff Richard au même moment et dans un répertoire similaire. Nous, nous ne sommes pas à Londres, mais aux portes de la Normandie et le spectacle n’y est pas moins excellent. Pour nous qui suivons Guitar Express depuis tant d’années, nous ne les avions jamais vu dans une forme aussi exceptionnelle que celle de ce soir. Il n’y a plus cette atmosphère d’hésitation que nous offre encore la très grande majorité des groupes amateurs ; soient-ils bons plus les uns que les autres.

 

 

                  

                     Non, là, c’est pro ! C’est propre ! Les musiciens sont musiciens. Les techniciens sont techniciens. Il n’y a pas de mélange des genres qui puisse trahir un amateurisme destructeur. Le public et un public qui n’est pas constitué de groupes qui attendent leurs tours en regardant leurs montres. Et chacun opère à sa place en complète symbiose au profit de la qualité du résultat final. Patrice joue de la guitare et l’instrumentiste de qualité qu’il nous présente ce soir  a laissé dans sa loge la panoplie d’électronicien. Il offre son art à un public enthousiaste qui se fiche complètement de l’écho et de son millionième de seconde de retard de « machin ». Lorsqu’il se retourne tous les deux ou trois titres, ce n’est pas pour « bidouiller » constamment sa tambouille, mais bien pour ajuster l’accord de sa guitare, car rien n’est laissé au hasard. En tout cas pas la justesse des instruments et les enchaînements rapides entre les titres. Les sourires affichés en permanence sur les quatre visages, ont un écho sur ceux de l’assistance et nous prouvent ainsi que Guitar Express n’est pas monté sur la scène sous la menace. C’est la signature de l’aisance professionnelle, de la connaissance parfaite de la musique et du répertoire. C’est rare et cela mérite d’être souligné.

 

 

 

      Côté mise en place, nous sommes scotchés… Ce soir, à table, ils ont du avaler du « court-bouillon de métronome ».

Autre indice du label de qualité… Dans la salle, les gens bâtent des mains en rythme. (Si si, un public français battant la mesure comme il faut… ????...du jamais vu non plus !) Un signe qui ne trahit pas la qualité extraordinaire de ce que nous sommes en train de vivre. C’est du grand art. Il faut le voir et l’entendre pour le croire. Et nous nous demandons même si les quatre compères oeuvrant sous nos yeux en soient tout à fait conscients sur le moment. Le son des retours est rond, peut-être un peu trop. Mais en façade, c’est du 100% Nickel Chrome… Juste une petite mise au point dés le départ avec le régisseur, qui comme d’autre, pensait que le soliste ; c’était le batteur. Rien de grave, un coup de potentiomètre vers le haut pour Patrice, et le problème était réglé. Dans la salle, les habitués sont unanimes. C’est tout simplement sensationnel !

Les non habitués, se lèvent dans une clameur de satisfaction et d’applaudissement lorsque les premières notes d’Apache se font entendre…C’est une apothéose. Nous n’en revenons pas nous-mêmes. Nous n’avions  jamais revu cela depuis le Grand Rex au dernier passage des Shadows à Paris en 2005…

 

            

 

 

            Après le rituel de l’incontournable  FBI, Ricky Norton fait son entrée, vêtu d’un smoking blanc immaculé, sur le riff d’intro de  Move it… De ce côté, pas de surprise. Ricky et un pro. C’est un chanteur de Rock et un Crooner hors du commun. Il agrémente sont tour de chant par des anecdotes dignes des plus grands. C’est avec une aisance déconcertante, qu’il occupe l’espace sonore et visuel.  L’humour qu’il est le seul à savoir doser avec pragmatisme est d’une grande classe. Jamais vulgaire. Jamais glissant. C’est le chanteur de tout le monde. C’est l’ami des jeunes et des plus anciens. C’est limpide et les heures passent à une vitesse vertigineuse. C’est un concert de rappels consécutifs.

Nous avons eu le droit à des extraits des répertoire de Cliff Richard –Elvis Presley- des Chats Sauvages- des Chausettes noires. Quelque composition inédite de Burt Blanca. Il est a noter que l’ambiance propres à ces chanteurs et ces groupes sont d’un incroyable réalisme résultant d’un travail de grande qualité.

Il est tard quand le rideau tombe et les projecteurs s’éteignent. Dans les loges, les serviettes éponges ont remplacé les paillettes. C’est l’heure du bilan et des congratulations pour les artistes. Mais le mot ne se fait pas attendre longtemps… Bravo les Gars !

 

Nous devons ajouter ici qu’i l est particulièrement plaisant de voir des groupes de quel genre que ce soit, se produire dans des contextes qui ne sont pas les leurs. Ailleurs que dans leur fiefs habituels.

Ici, un groupe de guitare électrique instrumentale qui se distingue dans le genre et sur le répertoire des Shadows, se produisait pour un public qui ignore tout du côté technique qui caractérise le genre.

C’est un délice que de ne pas avoir comme voisin quelqu’un qui se penche constamment pour vous glisser dans l’oreille des information sur l’écho, le VOX ou la Strat Serie L du soliste (charrue ou pas) et ainsi faire des commentaires à « deux sesterces » pour dire si il y a « le son » ou pas…

Non, ce soir c’était vraiment des vacances…

 

                              

 

 (A suivre...)